• Dans l’ombre de ses murs (Sonnet à Kyrielle)

     

     La nuit en retenue honore un long silence

     Dominant la frayeur de chaque lendemain

     Des nurses dans l’ Ehpad en grande vigilance

     Pour que la mort s’éloigne en leur tenant la main.

     

     Entre ses murs suintants ils tentent l’impossible,

     Face à cette hécatombe un effort surhumain

     Aux sanglots de leur âme une force invisible

     Pour que la mort s’éloigne en leur tenant la main.

     

     Ils donnent de leur temps au cœur de la souffrance,

     Tel un soupçon de paix ce bienfait d’espérance

     Pour que la mort s’éloigne en leur tenant la main.

     

     Leur solitude est lourde, ils tentent de comprendre

     Ils sont donc généreux et prêts à tout entendre

     Pour que la mort s’éloigne en leur tenant la main.

     

                    Béatrice Montagnac

     

     


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  •  Aimer ( La Shaltinienne)

     

    Ton cœur fredonne encore un récital glamour

    Pour tous nos beaux printemps, ta douce mélodie

    Elle honore sans fin ma belle prosodie

    De nos premiers émois qui scella notre amour.

     

    Mon corps est au tison à mon âme tremblante

    Et je vois dans tes yeux ce filament d’humour

    Relier au désir, d’une ivresse troublante.

     

    J'ai le cœur pâquerette ô laisse moi t’aimer

    Cueillir la volupté de l’instant proclamer.

     

    Un rossignol sifflote une ode ensorcelante.

     

    Béatrice Montagnac


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  • Un printemps diabolique (Le sonnet layé, double)

     

    Un mois de mars figé dans l’air si méphitique

    Où marine un malheur

    Sur ce monde perdu dans un étau physique,

    Alimentant la peur.

     

    Des soignants sur le vif, la faucheuse asservie

    Dans les hôpitaux surchargés,

    Ils tentent l’impossible au péril de leur vie

    Sans défense et lors déchargés,

     

    De leur force vitale en sauvant des victimes,

    Lorsque dehors des gens en groupe sont intimes

    Propageant le poison.

     

    Sont-ils inconscients face à ce fortin diable,

    À perdre la raison ?

    Or chaque individu n’est pas imperméable.

     

    ********

     

    Le printemps il éclot en fable poétique,

    Un beau jardin en fleur

    Devant notre cabane un bel art féerique,

    Cet accueil fort charmeur ;

     

    Qui nous donne l’espoir usufruit en survie

    aux déchirements submergés,

    Nous souhaitons sa fin, tchao la bactérie

    Bientôt nous seront soulagés.

     

    Puis eux les sans-logis sont-ils donc des minimes ?

    Les oubliés sans toit ses humains anonymes,

    Pendant la floraison.

     

    D’un grand danger mortel, invisible, effroyable,

    La faux à l’horizon

    Sous le soleil qui voit leur souffrance immuable.

     

                         Béatrice Montagnac


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  •                                           La louve (strophes saphiques)

     

    La haut sur la butte une louve sereine

    Ses yeux émeraude enjoués sont divins,

    Son regard vous trouble elle est là souveraine

    Devant les ravins.

     

     Sur le sommet blanc elle est impériale,

     Elle vous voit alpha dans l’obscure clarté

     De la nuit lunaire étoilée et royale,

     Fière en liberté.

     

     En chantant pour vous sa complainte galante,

     Quand la nuit blanchit tel un ange rêveur

     C’est l’éclat d’un astre à l’âme étincelante

     Sacrant sa ferveur.

     

     Ému son altesse il va donc la rejoindre

     Et leurs hurlements font vibrer le grand mont,

    Les oiseaux sont gais, la nature vient poindre

     À l’aube en amont.

     

     Scellant leur amour pour une vie heureuse

     Dans le nid canin naîtront les louveteaux,

     Sous le bleu du ciel d'une fin généreuse

     Loin des chapiteaux.

     

     Leur dévotion à leur câline étreinte

     Que la meute honore au matin caressant

     font une alliance à la fleur Rouge empreinte

     D’un cœur frémissant.

     

                            Béatrice Montagnac


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  • L’arbre aux soupirs (stances en rimes suivies)

     

    Il est majestueux, seul dans un vaste champ,

    Sur son corps les récits d’un d’amour si touchant ;

    L’alphabet amoureux des amants de la guerre

    Lors se lèvent les jours sur leurs pas de naguère

    Le saule est secoué des sanglots du passé

    Celui de la douleur d’un couple terrassé

    Entre les hurlements des hommes puis des femmes

    Fuyant tous les combats dans la fureur des flammes,

    Leur culte fut intense ils l’ont écrit un soir

    Sur son écorce grise un poème d’espoir

    Que la mort a détruit un matin de bataille,

    À l’aube de l’an mille une éternelle entaille

    Offensant à jamais ce grand arbre ancestral,

    Son chagrin est abstrait jusqu’au seuil sidéral,

    Alors son âme acquit qu’un ange florilège

    Dans l’écrin blanc des cieux très loin du sortilège

    Qui saignait son haubert depuis la nuit des temps,

    Naît enfin le repos de l’axe et des gitans.

     

                      Béatrice Montagnac

     

     

     

     

     


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  • Le baiser (Cuaderna via)

     

     

     

    Je recueille sur ta bouche un baiser très chaleureux

     

    Il bénit là notre amour en cet acte langoureux

     

    C’est à la saint valentin un long bécot amoureux

     

    Qui scelle notre alliance aux cours des ans bienheureux

     

     

                                               Béatrice Montagnac


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